Requiem for a dream

Requiem for a Dream est un film américain de Darren Aronofsky, adapté du roman homonyme d’Hubert Selby et sorti en 2000. Le film évoque subtilement le phénomène de l’addiction et de la drogue à travers quatre personnages, dont chacun subira une descente en aux enfers différente. Décomposé en trois saisons (été,automne,hiver), l’histoire ne fait que plonger les protagonistes dans le piège des psychotropes et le spectateur dans l’angoisse. Progressivement, elle ne laisse plus place à l’espoir.

Il y a Harold, oubliant la disparition de son père et sa misère sociale dans l’héroïne, sa mère, Sarah, qui espère maigrir avec les amphétamines prescrits par son médecin véreux, sa petite amie, Marianne, qui finit par se prostituer pour obtenir sa dose de cocaïne, et son meilleur ami Tyrone, risquant sa liberté pour le business dangereux de la drogue. Leur santé, leur dignité, leurs espérances s’absoudront au  fil des jours, et au gré des trois saisons qui agence le film en trois stades. Le printemps est volontairement omis pour permettre au spectateur d’imaginer une fin, malgré leurs tragiques déchéances.

Techniquement, le film est un chef d’oeuvre cinématographique : les plans hachés au rythme frénétique lors des prises de substance symbolisent le passage dramatique à l’acte, la fréquence de plus en plus grande de celui-ci, et la fulgurance des produits à s’immiscer dans le sang et dans le cerveau des individus. Certaines scènes présentent des doubles plans, esthétiquement et narrativement impeccables, comme cette scène du couple où l’on voit les yeux et les bouches en gros plans en même temps que l’on voit les caresses sur la peau nue; ou encore la première scène qui présente un conflit entre le fils et la mère, séparés par une porte. Les images sont fortes, choquantes et magnifie la tragédie, chantée par une musique divinement culte.

Les hallucinations de Sarah Goldman, lorsqu’elle devient hystérique, sont très marquantes et présentent plusieurs drogues culturels de la société occidentale comme la nourriture grasse, le désir d’être mince, la télévision… Ainsi, on voyage dans les tréfonds de ses âmes aussi pures que délabrées. Une vision d’Harold, saisi par le cannabis, le montre courant sur un quai, face à la mer, dans un silence absolu, vers Marianne, sans pouvoir l’atteindre. Cette scène se répète à la fin du film, sans que cette fois il n’y est son être aimé : cela représente bien la séparation obligée de la drogue, du fait des devoirs d’approvisionnement qu’elle impose et des tensions qu’elle insère dans les relations.

Requiem for a dream nous offre un schéma typique de la prise de drogue : un été merveilleux, plein d’espoir et de béatitude, un automne inquiet, plein de doutes et exposant les prémisses de la descente, un hiver aux rêves effondrés, où chacun se retrouve seul, face à l’horreur de la réalité.

La scène du couple nu :

http://www.youtube.com/watch?v=EUoVrQ9S8LE

La scène d’ouverture, Harold vole avec son ami, pour la énième fois, la télé de sa mère afin d’avoir de quoi acheter sa drogue. On peut y savourer le travail des plans, marque de fabrique du réalisateur.

http://www.youtube.com/watch?v=2zGF_WD–Nk

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